Et si on reactivait notre « arabe » ?
J’ai depuis quelques jours un sentiment étrange, jusqu’ici inconnu. Celui de la phobie de m’exprimer en langue française. Je suis même dégoûté de la manière dont je m’exprime dans cette langue. C’est pourtant la langue qui me permet d’exprimer avec le plus de précision mes idées. Ce sentiment est né avec les quelques mots que je devais écrire en hommage à Si Mustapha Besbes; Allah Yarhmou. Un sentiment fort me pousse depuis vers mon arabe natal – C’est d’ailleurs ce que j’ai fait lors de mon témoignage. J’ai trouvé déplacé, en pareille circonstance, de lire un texte en français — Décidément, quand l’émotion est forte, la langue de la mère devient un refuge !
Mais, au delà de cet épisode conjoncturel, une question me taraude l’esprit. Pourquoi, continue-t-on à utiliser la langue française en toute circonstance et particulièrement lors des réunions tuniso-tunisiennes soixante dix ans après l’indépendance ? N’est-ce pas là une forme de soumission à une autre culture et un aveu d’incapacité de parachever notre indépendance – On vient de fêter la fête de l’évacuation. Départ d’une armée étrangère – Mais l’armée culturelle semble encore présente en nous –
A méditer -..

