D’aucuns s’étonnent voire s’indigent du « mauvais » classement des universités tunisiennes dans le célèbre Ranking de Shanghai ou dans les autres classements, en outre de plus en plus nombreux. Voici une réponse succinte à cette indignation. En fait, fgurer dans le classement, même dans un rang éloigné de la tête du peloton, c’est déjà un grand pas qu’ont franchi nos universités. Il faut savoir que l’université tunisienne a à peine 60 ans d’âge. Qu’elle est essentiellement financée par l’Etat d’un pays aux moyens très limités qui, en plus, passe par douze années de chaos. Et on compare nos petites universités qui se démènent comme elle peuvent avec les moyens du bord à qui ? À des mastodontes universitaires (Harvard, MIT, Oxford, etc. …) plusieurs fois centenaires dont les budgets sont énormes (le fonds de réserve de l’université de Harvard en 2021 qui est la plus riche dans le monde serait d’environ 50 milliards de dollars soit 150 milliards de dinars ! ) et les financements divers et souvent plus privés que publics. La recherche qui s’y déroule bénéficie du soutien de géants industriels et dans certains cas de l’armée. Leur mode de gouvernance privilégie l’autonomie qui permet de recruter les meilleurs enseignants-chercheurs dans le monde dont des prix Nobel et de leur offrir des salaires alléchants alors que nos universités n’ont même pas la possibilité de choisir leurs enseignants ! Il faut aussi savoir que les classements sont essentiellement basés sur la performance au niveau de la recherche scientifique et de l’innovation qui reste embryonnaire et souvent marginalisée dans nos universités faute essentiellement de moyens (réduction drastique du financement des laboratoires de recherche ces dernières années) … Alors ? la comparaison ne tient pas, chers amis ! Et intégrer ces classements même à un rang inférieur à mille, comme c’est le cas de l’université de Tunis el Manar c’est déjà une prouesse ! Toutefois, l’objectif de ces classements étant, en particulier, de rehausser le niveau des universités dans le monde en provoquant une certaine émulation, nos universités sont tenus de se frayer un chemin vers les hauteurs. Mais, l’affaire est surtout du ressort des pouvoirs publics voire de l’ensemble des acteurs de la société et notamment du secteur privé pour redéfinir l’organisation et la gouvernance de nos universités, leur financement par le recours, notamment, à l’incontournable partenariat public-privé et, last but not least, le développement d’un écosystème économique et industriel à même de créer une synergie avec une université innovante et complètement intégrée dans les grandes tendances mondiales de la recherche et de l’innovation … c’est dire …

By RL

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