Casting. Le Premier ministre BCE est certainement excusable de ne pas avoir pu faire le casting qu’il fallait pour composer son gouvernement en raison de son absence de la scène politique pendant vingt ans, des délais courts dont il disposait et des circonstances particulières et délicates par lesquelles passe le pays. Ainsi, pour le premier gouvernement qu’il a hérité de Mohamed Ghannouchi, il s’est contenté d’exiger des ministres en place de choisir entre la poursuite d’une activité ministérielle et la candidature aux échéances électorales. Il s’en suivit la démission de Nejib Chebbi et d’Ahmed Ibrahim. Il a aussi prévenu qu’il ne démettra personne lui même mais que tout ministre qui désire quitter le gouvernement est libre de son choix. Certains des ministres ont ainsi choisi de partir (Nouri Jouini, Afif Chelbi, Elyes Jouini, … ).

Toutefois, on a relevé une nomination par omission d’un ministre reconduit, sans être cité dans la composition du gouvernement, en la personne de Secrétaire général du gouvernement. La devise « Assedkou fel Kaoul wal Ikhlasou fil amel » qu’a proposé de faire sienne M. le Premier ministre en a pris un premier coup.

La grande surprise arrive avec le remplacement du ministre de l’intérieur, populaire, par un ancien secrétaire d’Etat de Ben Ali. Là, erreur ! Et l’indulgence pour la qualité du casting n’est plus de mise … En effet, un tel choix rend perplexe. En supposant que le besoin de changement est incontournable, les candidats à ce poste sont-ils si rares ? Faut-il donner le signe qu’il n’est pas possible de se passer des hommes qui ont prêté le serment pour intégrer le gouvernement devant Ben Ali ? Ou alors, faut-il commencer à douter de la capacité de BCE de rompre avec le régime déchu, ses hommes et ses méthodes. Simple erreur de casting ou décision délibérée qui marque un retour en arrière. Ceci, d’autant plus que BCE renie son engagement de ne démettre aucun ministre et répond à ceux qui critiquent le choix de celui qu’il a nommé, qu’il est seul à décider de ce choix et qu’il ne compte rien céder de ses prérogatives … Et c’est là le deuxième coup porté à « Assedkou fel Kaoul wal Ikhlasou fil amel ».

Le doute s’installe alors que le pays a besoin de certitudes.

By RL

0 thoughts on “Réflexion du 3 avril 2011”
  1. Je ne suis pas d’accord sur tout ce que fait BCE. Toutefois, la situation est fort complexe et la Tunisie n’a jamais été aussi vulnérable. BCE doit être crédité d’un minimum de confiance …surement vigilente. Il semble sentir, en tant qu’homme politique expérimenté, la température de la rue. Il semble aussi arbitrer dans un esprit démocratique. Mais un homme d’Etat, ça prend des décisions souvent dans la solitude. et assume des risques calculés. Dans un contexte ordinaire, il viendrait rendre compte à l’opinion à travers les représentants du peuple, en expliquant le pourquoi de certaines décisions sensibles. La sécurité fait partie de ces domaines. Ne faudrait-il pas patienter car le pays est sur le fil du rasoir. MAIS EVALUER LES RESULTATS?. Les partis ne semblent pas si préoccupés?. Ont-ils été brifés? Mais Ils sont 51!.

  2. Je suis d’accord sur cette analyse. Mais je maintiens que le choix du nouveau ministre de l’intérieur est inadéquat, choix d’autant plus inadéquat qu’il vient remplacer la star du gouvernement !

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