1- Le développement durable et le genre

Le développement durable est  perçu comme étant un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations du futur à répondre aux leurs. Ainsi, il s’agit de concilier trois préoccupations : une préoccupation économique, une préoccupation sociale et une préoccupation écologique. L’urgence de la réflexion et de l’action pour l’adoption d’un modèle de développement durable se manifeste à travers les changements climatiques, la rareté de certaines sources d’énergie et des ressources en eau, les atteintes à la diversité biologique, l’insécurité alimentaire, la disparité entre pays développés et pays du tiers monde, etc. …

En effet, on constate que toutes les cinq secondes, c’est l’équivalent du poids d’une Tour Eiffel de ressources naturelles qui est prélevé des écosystèmes et des mines. Par ailleurs, les populations des pays riches consomment en moyenne dix fois plus de ressources naturelles par habitant que celles des pays pauvres (eau, produits agricoles, minerais, pétrole, bois…) comme l’indique  le Centre français de recherche et d’information pour le développement (Crid) sur son site web.

Outre l’action des associations et des mouvements écologiques qui ont vu le jour durant les dernières décennies, l’Organisation des Nations Unis (ONU) a adopté en 2000 les 8 objectifs du millénaire pour le développement (ODM) que les pays membres de l’ONU ont convenu d’atteindre à l’horizon 2015. Ces objectifs qui visent plus d’équité et de durabilité du développement au niveau planétaire, sont :

–          Réduire l’extrême pauvreté et la faim

–          Assurer l’éducation primaire pour tous

–          Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

–          Réduire la mortalité infantile

–          Améliorer la santé maternelle

–          Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies

–          Préserver l’environnement

–          Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Les ODM sont tous en rapport avec l’une ou l’autre des trois composantes du développement durable à savoir les composantes écologique, économique ou sociale. Tous ont également un rapport direct ou indirect avec la promotion du rôle de la femme. En effet, dans plusieurs  pays, tant développées qu’émergents ou en voie de développement, la femme souffre encore d’une discrimination qui lui porte préjudice et handicape la société dans son ensemble. Qu’il s’agisse de l’éducation, de la santé maternelle, de la mortalité infantile ou du VIH/SIDA, il est clair que beaucoup d’efforts sont encore à accomplir pour améliorer la condition féminine. Dès lors, le développement durable que l’humanité appelle de ses vœux passe par la promotion de la condition féminine. Mère de l’humanité, la femme en est aussi l’avenir !

2- La femme dans le modèle de développement tunisien

La Tunisie peut être considérée comme un pays d’avant-garde tant du point de vue de son modèle de développement que de celui de la promotion du rôle de la femme dans la société. En effet, la Tunisie a adopté dès son indépendance une politique économique et sociale basée sur le développement humain avec trois composantes essentielles à savoir la scolarisation gratuite et obligatoire, la généralisation des services de santé publique et la promotion de la condition de la femme. Ainsi, la Tunisie compte aujourd’hui près d’un quart de sa population dans les écoles, les lycées et les universités et le nombre d’étudiants de la tranche d’âge 19-24 ans est d’environ 37%. Dans le domaine de la santé qui est doté de plus de 7 % du budget de l’Etat, on enregistre une augmentation de l’espérance de vie qui est aujourd’hui d’environ 74 ans et une baisse de la mortalité infantile qui a été réduite à 18,4 des naissances en 2007. En outre, le contrôle des naissances a permis le passage d’un taux de fertilité de 7 enfants par femme de la tranche d’âge 15-50 ans en 1960 à un taux de 2 enfants par femme en 2005. La femme tunisienne bénéficie de droits exceptionnels dans l’environnement arabo-musulman grâce au Code du Statut Personnel (CSP) proclamé à l’orée de l’indépendance et qui a constitué, dans le contexte où il fut adopté, un véritable coup de force qui trancha radicalement avec la vison qu’avait de la femme une partie importante de la société et certaines composantes influentes des cercles politiques et religieux. Il a fallu la conviction profonde et le courage politique du leader Habib Bourguiba pour forcer le destin et donner à la femme ses droits fondamentaux. Les résultats de ces choix se traduisent aujourd’hui par les performances remarquables de la femme tunisienne : près de 60% des étudiants qui arrachent souvent la place de lauréates de leurs promotions, femmes majoritaires parmi les médecins et les enseignants,  femmes responsables et actives dans tous les secteurs administratifs, économiques, sociaux et politiques. En outre, les dernières années se caractérisent par l’accès massif des jeunes filles à des formations qui avaient une réputation masculine telle que celles d’ingénieur toutes spécialités confondues.

La femme, sortie des carcans où l’enfermaient les traditions, est ainsi devenue un acteur économique et social actif qui soutient et renforce l’économie du pays. Ainsi, s’il fallait illustrer l’impact de la promotion de la femme sur le développement d’un pays, la Tunisie en constituerait le meilleur modèle. Dans le cadre de l’approche nouvelle du développement que vit le monde en ce début de troisième millénaire caractérisé par deux phénomènes majeurs à savoir la révolution informationnelle et la dimension écologique, la femme tunisienne constitue certainement pour notre pays un atout pour mieux appréhender ces deux phénomènes qui se trouvent au cœur du développement durable.

3- Approche tunisienne pour l’avenir

Les avancées sociales qui ont caractérisé le statut de la femme en Tunisie couplées au progrès économique du pays le prédisposent à consolider son développement en conformité avec les principes du développement durable. En effet, la femme éduquée et responsable, de par son rôle familial et sa sensibilité particulière, constitue un vecteur de diffusion de la culture écologique et du respect de la nature et un garant de la préservation des spécificités culturelles de génération en génération. A  cet égard, il est important de rappeler que l’une des dimensions du développement durable consiste à respecter les religions et les cultures locales face à la déferlante de la mondialisation qui menace la diversité culturelle. La femme, enseignante, médecin, responsable et en même temps mère de famille est le meilleur rempart face à l’uniformité qui tend à s’installer dans un monde où les nouvelles technologies de l’information et de la communication brisent toutes les frontières …

Ainsi, dans le tourbillon des courants contraires qui tiraillent la société, le rôle de la femme pleinement possessive de la modernité pour mieux la juguler est décisif pour le modelage de l’avenir. Force est de constater à cet égard que si notre pays est le mieux classé de l’Afrique et du monde arabe dans le domaine des TICs d’après le rapport de Davos, les femmes ne se trouve nullement exclues de ce domaine puisqu’elles représentent, par exemple, plus de 40% des 1 million 700 mille tunisiens inscrits à Facebook. L’adhésion du genre féminin à ces nouvelles technologies est un signe de progrès mais aussi un indicateur de développement durable et de transmission des valeurs tunisiennes au monde et aux générations futures.

La femme tunisienne a élargi, en un peu plus d’un demi siècle, grâce au CSP mais aussi grâce à l’éducation et aux efforts dans le domaine de la santé publique, son champs de participation à la dynamique de développement du pays. Elle a pris sa place à l’école, à l’université et dans tous les domaines de la vie professionnelle. Grâce à ses qualités, elle se trouve de plus en plus amenée à assumer de hautes responsabilités dans les institutions publiques et dans le secteur privé. Sa maturité la prédispose désormais à investir la vie politique, à marquer encore plus sa présence dans la sphère dirigeante et à y accentuer l’effort pour le développement … durable !

By RL

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